📷© Marc Bélouis.
Mon histoire originale en 6 parties sur la famille Gaspard. Fernand trouvera t-il la femme de sa vie ? Épisode 5.
Berthe et Fernand se retrouvent dans la zone de la police de l’Air et des Frontières de l’aéroport, dans le bureau du commissaire de police nommé Luc Besson, fraîchement nommé.
– Mais j’vous l’jure M’sieur l’commissaire, j’suis pas une terroriste, vous m’avez bien vue, quand même. La seule chose que j’ai manipulée la veille avant de venir, c’est la fabrication de mes gâteaux fermiers, Le Parpaing Gourmand.
– On se calme, j’en ai beaucoup vu dans ma carrière des personnes comme vous, qui à l’arrivée croupissent en prison. Je vous rappelle que vous avez fait « pouêt pouêt, pouêêêêêêêêt » !
– Mais c’est un malentendu ! C’est comme dire que Lacornaque va lancer son propre programme spatial ! Ils ont déjà perdu la fusée en carton lancée pendant l’inauguration de la salle des fêtes en 2001, ça n’a pas d’sens !
Fernand se mêle à la conversation.
– Vous avez fait une contre vérification au moins ?
– Bien dit, l’gamin, renchérit Berthe. T’es bien un Gaspard !
– On s’en occupe, les résultats devraient nous parvenir bientôt.
Au même moment un brigadier informe son supérieur qu’une personne a été interpellée à la douane avec trois petits sachets de drogue en sa possession.
– C’est drôle commissaire, la jeune femme se prénomme Nikita.
– Et ?
– Bah, Nikita… Rapport avec votre patronyme… Luc Besson, vous ne voyez pas ?
– Non.
– Nikita, le film de Luc Besson avec Anne Parillaud… en 1990 ? Bah ! La réplique culte « Vous vous êtes fait des amis ? Ouais, j’m’entends super bien avec ma souris blanche ! » Ça vous parle forcément ?
– Super, vous m’en direz tant. Récupérez les résultats des Gaspard au lieu de vous prendre pour Monsieur cinéma. Allez, allez…
En se dirigeant vers la salle d’attente, Berthe se remémore la scène avec l’agent au gyropode à l’accent de l’Est.
– « Excuse me, you are Nikita ?
– Moi, Nikita ? Sorry, I’m french.
– Ah, très bien, j’ai trouvé une carte d’embarquement pour Moscou au nom de Nikita, j’ai pensé que cela pouvait être vous, fit-il avec l’accent de l’Est.
– Désolée jeune homme, primo je n’ai pas l’honneur et l’avantage de m’appeler Nikita. Deuxio, moi et mon fils, partons aux states, à Los Angeles plus précisément.
– OK, merci, bon voyage alors, fait-il en repartant, guidon penché en avant. »

Berthe se dit qu’il y a bien une anguille sous roche.
– Fernand, il y a une anguille sous roche. Nikita, ce prénom, je l’ai déjà entendu, lui chuchote t-elle en s’asseyant sur une banquette fatiguée.
Son fils ne l’écoute pas, occupé à visionner les photos qu’il avait prises dans l’aéroport. C’est alors que deux policiers arrivent avec une jeune femme menottée et la fait s’asseoir à côté du duo. Manifestement, elle avait pleuré à chaudes larmes. Fernand lève la tête et reçoit en plein cœur une salve émotionnelle comme jamais. Est-ce cela ce que l’on appelle un coup de foudre ? Pour Fernand, il ne fait aucun doute qu’il vient de rencontrer la femme de sa vie. Plus tard, il avouerait à Nikita au bord d’un étang près de Lacornaque que ses cheveux blonds mi-longs, ses yeux bleus en amande, et son sourire ravageur était la représentation exacte de la femme de son rêve qu’il avait fait dans la nuit, il y a quelque temps.
– Moi, rien fait, pas connaître homme me donner carte enregistrement, erreur, se défend apeurée Nikita. Et après j’ai fait « pouêt pouêt, pouêêpêêêêpêêt », et assise là, police, pas comprendre !
– Un agent de l’aéroport sur un gyropode ? fait Berthe à voix haute.
– Oui, c’est ça, personne mettre drogue sans apercevoir.
– C’était lui, c’est certain, répond Berthe.
– Comment toi connaître ? Toi complice ? fait Nikita dans un mouvement de recul.
– Non ma p’tite, on mange pas d’ce pain là chez les Gaspard, JAMAIS !
– Hé m’am, regarde ça, s’interpose Fernand, en montrant une petite photo instantanée. C’est pas ton faux agent en train de mettre de la drogue dans le sac à dos de la pauvre Nikita ?
– Fais voir ! Non de non ! Mais oui, t’as une preuve que la môme n’est pas coupable. Nikita, ton cours de bourse repart à la hausse. À trois, vous m’suivez en courant sans m’poser de questions.
Berthe jette un œil à droite et à gauche avec un œil de lynx, et se met à la tête d’un petit commando.
– 1, 2, 3 ! Go, go, go, on y va, crie t-elle.
Le trio crée la surprise en se jetant vers la porte de sortie en hurlant comme des fous. Le peu de membres du personnel présent à ce moment-là, restent immobiles en sidération devant la scène auquel ils assistent. Tous les trois sont comme dans un état second, en mission, rien ne peut les arrêter de leur objectif commun. Débouchant dans le hall du terminal, ils scannent le lieu des yeux vers les personnes présentes dans la zone.
– Là, c’est lui, lance Berthe ! Arrêtez-le !
Le faux agent conscient d’avoir été repéré, active son gyropode et trace sa route dans la foule. Berthe, repère un gyropode à côté de sa propriétaire qui boit tranquillement un café. Elle s’en empare sans ménagement à la vitesse de l’éclair.
– Attends un peu mon gaillard ! Tu vas avoir à faire à la Berthe Gaspard, crois-moi tu vas l’regretter !
La poursuite est digne d’un film américain dans les rues de San Francisco. L’aéroport se transforme alors en chaos. Nikita et Fernand courent après Berthe comme des dératés, en ayant conscience que la police est derrière eux.
Berthe gagne du terrain, mais elle décide de tenter le tout pour le tout. Elle balance de son bras droit sa canne comme un javelot qui termine sa course sur la tête du fuyard. Déséquilibré, il entre en collision avec des chariots qu’un employé convoyait. Groggy, il ne peut reprendre sa route et Berthe lui tombe dessus comme l’aurait fait un joueur de rugby. Nikita et Fernand en font de même, suivis de peu de trois agents de police créant une mêlée qui restera à tout jamais dans l’histoire de l’aéroport depuis sa création le 24 février 1961.
À suivre…
Épisode 1 Épisode 2 Episode 3 Episode 4
© Texte de Marc Bélouis / Humanvibes le 30/07/2026
Marc / Humanvibes

