Fernand Gaspard est en quête du coup de foudre (2/6)

Fernand Gaspard est en quête du coup de foudre (2/6)

📷© Marc Bélouis.

Mon histoire originale en 6 parties sur la famille Gaspard. Fernand trouvera t-il la femme de sa vie ? Épisode 2.

Le lendemain matin au réveil, Berthe a imprimé les billets d’avion de la compagnie low cost Air Montjoie.

– Obtenir des billets la veille du départ, c’est pas donné ! Obligé de transiter par Londres et rester à l’aéroport huit heures… J’espère qu’on va pas y aller pour rien. Bon, on décolle demain à midi. C’est vrai que c’est pas la porte à côté. 11h30 de Londres, c’est comme attendre ton tour à la Sécu : au bout de dix heures, t’as l’impression qu’t’as fait un aller‑retour dans une vie parallèle … et t’es même pas sûr d’être arrivée ! fit-elle en se parlant à elle-même.

Fernand sort de sa chambre en baillant.

– Oh la la… J’ai fait un de ces rêves ! Une jeune femme blonde me parlait à l’oreille… Ça m’a bien plu…

– T’as encore dû boire un truc avant de t’endormir, toi.

– Dis moi, c’est t’y qu’on va prendre l’avion pour L’os Mange La Laisse, mais avec tout c’qui s’passe et tout ça partout, j’me sens pas tranquille, on pourrait pas y aller en train ?

– Non mais ça va pas la tête ! T’es complètement à l’Ouest comme l’Amérique ! Tu carbures à quoi l’matin ?

– J’disais ça comme ça, au cas ou…

– Au cas ou ? T’a pas vu l’eau sur la carte, bon Dieu ?

– Y’a bien le métro qui passe sous la flotte à Paris…

– Y’a aussi d’l’eau dans ton crâne, c’est certain, et en plus elle doit être croupie !

– Je t’rappelle que j’sais pas nager au cas ou l’avion tomberait dans l’eau. Et j’ai pas d’souffle pour gonfler l’gilet d’sauvetage.

– C’est toi qui m’gonfle avec tes bêtises ! Non, mais t’inquiètes pas, va, toi tu voles pas, tu planes sur des kilomètres, tu pourras bien t’poser quèque part au sec !

– C’est problématique c’histoire…

– Va préparer ta valise, et sois raisonnable, n’emmène pas toute ta chambre.

Départ dans la bétaillère de Gégé – 5 heures

5 heures du mat’, Jédéfrisson le coq se met à chanter et réveille la ferme, sauf Berthe, déjà debout depuis une bonne heure. Au même moment, Gégé entre dans la cour de la ferme en actionnant son klaxon musical.

– Hé hé, Fernand, magne-toi, v’la notre Gégé national !

– J’arrive…

– Et ben l’Gégé, il va t’y comme y veux ? Toujours aussi discret, comme d’habitude.

– Indubitablement, la Berthe. J’suis debout depuis 3 heures pour m’occuper du bétail, apprendre une chanson pour la chorale du village dimanche midi et bichonner l’carosse avant de vous emmener en ville.

– Bien ! Fernand !

– Voilà, voilà…

© Image générée par IA à partir d’un prompt original et de paramètres élaborés par Marc Bélouis sur Microsoft Copilot – Humanvibes (2026)

Fernand déboule en bermuda, en tongs, chemise hawaïenne, un bob, lunettes de soleil et un sac à dos.

– Mais qu’est-ce que c’est qu’çà ? Tu t’crois où ?

– Bah, à L’os Mange La Laisse, tu vois pas ?

– Faut 12 heures de vol, sans compter l’trajet avec Gégé et l’enregistrement, on y est pas encore ! Pour se faire remarquer, y’a pas mieux, sans compter que tu sens encore le bouc. Y’a encore l’troupeau qui traînait dans ta chambre ?

– Indubitablement, renchérit Gégé en se grattant la tête. Dis Fernand, ça va être à « Nous les p’tites Anglaises », hein, mon saligaud !

Berthe le reprend.

– Qu’est-ce tu dis Gégé ? On va pas chez les rosbeefs, mais chez les Angelinos.

– Ah…d’accord ! J’connais deux ou trois mots en engliche. « The tripe to amer rique is far breton botte Lise note very difficulte tougo bye the plaine, indoubitablement. »

Interloquée, Berthe regarde Gégé.

– C’est plutôt imbitablement compréhensible c’qui raconte l’Gégé. Bon, Fernand monte dans l’ fourgon, j’vais passer ma valise à Gégé et on embarque.

– Et hop !

Berthe s’assoie à l’avant sur la banquette trois places avec sa canne et son sac à main. Au dernier moment, Fernand repart dans la maison en courant car il avait oublié son appareil photo Polaroid.

– Ça aurait été dommage d’ne pas avoir d’photos, fil-il en soufflant.

Sur la route du Bois chauve, au croisement avec celui du Bois feuillu, un attroupement d’une centaine de personnes s’est formé. On devine un orchestre, certaines personnes ont des cornes de brumes, et d’autres agitent des banderoles où il est écrit « Bon voyage les Gaspard ! », « À l’amitié franco-américaine ! », « Une lune de miel pour Fernand ! », « Vive ADP ! ».

– Y’a du beau monde, indubitablement, j’les connais ceux de la chorale ! réagit Gégé en les saluant de la main par la fenêtre et en klaxonnant.

Fernand fait un signe discret de la tête en passant, et regarde furieux sa mère.

– Personne ne sera au courant, hein, c’est ça.

– Bon, tu vas pas nous faire un caca nerveux, manifestement ici, les nouvelles circulent plus rapidement qu’sur Internet, c’est bon à savoir en cas de bug de connexion. Allez, haut les cœurs, une pt’tite chanson mon Gégé ?

Fernand, tourne la tête alors que Gégé acquiesce en souriant béatement.

– Très bien, alors un p’tit air pour la route tout en improvisation, alors ! ajoute Gégé.

© Paroles de Marc Bélouis / Musique générée par IA à partir d’un prompt original et de paramètres élaborés par Marc Bélouis sur Musicful IA – Humanvibes (2026)

Elle est pas mal celle là, faudrait que j’l’envoie à Paul, se dit Berthe. Au passage elle regarde Fernand qui fait une drôle de tête.

À suivre…

Épisode 1

© Texte de Marc Bélouis / Humanvibes le 09/07/2026

Marc / Humanvibes

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