📷© Noë David.
« L’interview sans détour« sur Humanvibes permet à des personnalités de faire des confidences et de se livrer davantage. Gaëtan Bloom, est un célèbre magicien, humoriste, professeur d’illusion et homme de scène. Il s’est confié avec plaisir lors de cet exercice d’introspection !
Votre état d’esprit du moment ?
GAËTAN BLOOM – Chercher l’angle drôle ou magique, et ce n’est pas toujours gagné
L’expression qui vous caractérise ?
Comme disait toujours avec une joie communicative un de mes papas magiques, Dominique Webb : « Marc !! Bonjour, comment vas-tu ? », avec un grand accent de joie mis sur le prénom.
Un week-end d’enfance ?
Sûrement le week-end, pendant mes vacances en Bretagne quand j’avais neuf ans à Morgat… L’odeur du varech, le bruit des vagues… Le premier spectacle de magie auquel j’ai assisté et qui décida du reste de ma vie…Un magicien qui travaillait dans les hôtels du village, un soir par hôtel, des affichettes annonçant les dates et sa venue. J’ai insisté auprès de ma mère pour voir le premier. On l’a vu. J’ai perservéré et on a finalement vu les trois. L’artiste s’appelait Georges Talmon. Ce fut une illumination ! C’est ça que je voulais faire, comme lui !!!
Je garde une très grande nostalgie de ce week-end. J’y repense toujours et ça sent la soupe de poisson, mon rêve. Il passait dans les grandes salles à manger, après les repas… Un espace lui était réservé, avec un paravent pour se changer et lancer ses musiques sur un tourne-disque Teppaz pour mettre de l’ambiance. Georges Talmon était un petit monsieur, très doux avec l’œil brillant, une barbe comme celle de l’illustrateur James Hodges (1928-2019) habillé d’une redingote stylée et présentait son répertoire parfaitement : les cordes, les anneaux, la glace transpercée, etc. À l’entracte il vendait des horoscopes mystérieusement apparus dans un bambou creux, des pages blanches y avaient été déposées avec un bouchon au bout. Soudain, une odeur bizarre, âcre, presque une fumée… il retirait les feuilles, magiquement remplies d’écritures !
Puis arrive la deuxième partie, annonçant un fameux fakir, un vrai, venu de très loin… Georges Talmon vint le chercher derrière le paravent. Il mit un certain temps… Une musique orientale se fit entendre… Le fakir fit son entrée… C’était Talmon, qui avait laissé tombé le frac pour un costume traditionnel et un turban. « Et voilà ! », la messe était dite. Il nous fit le coup des aiguilles avalées, le couteau dans le bras, et autres merveilles.
J’étais aux anges ! Je le suis toujours, il y avait la même ambiance dans les hôtels, que celle dans le film Les vacances de Monsieur Hulot, que j’adore. C’était grandiose et à la fois dérisoire, mais adorablement magique pour l’enfant que je suis encore…
Comment garder la flamme ?
En soufflant toujours sur les braises, surtout quand elles vacillent.

Le message à transmettre aux magiciens débutants ?
Soyez curieux de tout, apprenez l’anglais et d’autres langues étrangères… et comme l’écrit si
bien mon amie Kaal, « Ose ta vie ».
Si vous deviez réaliser un biopic sur votre histoire, quel en serait le titre ?
Le magicien qui ne voulait pas grandir.
Les connaissances que vous devez encore acquérir et partager ?
Il y en a tellement, et toutes m’inspirent, la vie n’est que cela, apprendre et découvrir, et partager avec joie…
Le compliment que vous aimez recevoir ?
Celui qui m’amène de la joie, quel qu’il soit.
Qui a cru en vous ?
Ma mère, sûrement. Je pense toujours à elle comme San Antonio parle de la sienne, Félicie. Tous ceux qui m’ont aidé depuis le début, la liste est dans mes livres…

Le coup de main que vous seriez prêt à faire pour les autres ?
D’abord les écouter, comme je le fais toujours, J’adore ça, écouter, voir les autres, et laisser flotter les idées.
Les personnes que vous aimeriez interviewer ?
Interviewer, je ne sais pas, mais dîner avec, oui, et il y en a beaucoup ! Fréderic Dard, Orson Welles, Victor Borge, Pierre Perret, Isabelle Mergault, Lisa Minelli, Fred Astaire, Jean-Eugène Robert-Houdin, Malini, Winston Freer, Fredric Brown, et tant d’autres… et vous, bien sûr !
Votre objet de prédilection ?
L’intercessor (L’Intercessor, créé par Gaëtan Bloom, est un accessoire magique capable d’accomplir des miracles impressionnants, notamment en réinventant le concept du « coin coupé » sur une carte, NDLR) et un épluche légumes.
Quels sont vos hobbies ?
La cuisine, une autre forme de magie. Les livres de San Antonio et Fredric Brown, les polars. Toute forme de magie. La passion pour les gens.
Le titre d’une chanson qui vous ressemble ?
My way, par Nina Simone… sinon, tout Jonasz et Polnareff…
Ce que vous allez faire dans 5 minutes ?
Sauvegarder l’interview, et faire une bonne p’tite bouffe ! À votre santé ! [Rires.]
Propos recueillis le 31/03/2026
Et pour aller plus loin :
Quand Fabien Olicard s’empare de l’histoire du père de la magie en la personne de Jean-Eugène Robert-Houdin.
Regard sur Frédéric Dard / San Antonio.
My way, quand Nina Simone s’empare le 18 décembre 1971 du tube de Claude François, Comme d’habitude.
Marc / Humanvibes

