📷© Marc Belouis.


Au sein du groupe CPI, à l’imprimerie Brodard & Taupin de La Flèche dans la Sarthe, un livre naît deux fois : une première dans la tête de l’écrivain, une seconde dans le bruit bien régulier des machines. Virginie Hamm, directrice générale de ce fleuron de l’édition, nous dévoile sur Humanvibes l’envers du décor de ce lieu historique. Entre tradition et modernité, l’objet prend forme, mettant en avant ce moment unique et universel depuis Gutenberg où la fabrication précède la lecture.

Q1. Lorsque Brodard et Taupin imprime un roman de Michel Bussi à très gros tirages, c’est une responsabilité qui pèse différemment quand on sait que des centaines de milliers de lecteurs attendent l’ouvrage ?

VIRGINIE HAMM – Oui bien sûr, car nous ne voulons pas prendre le risque de décevoir les lecteurs fidèles de Michel Bussi en livrant des ouvrages qui pourraient présenter des défauts gênant le lecteur.

Q2. Quel détail invisible que les lecteurs ne voient pas à la lecture du roman Code Yesterday de Michel Bussi, par exemple, mais qui est pourtant une immense fierté pour vous ?

La qualité du brochage en dos carré collé, avec un très bon équilibrage des rabats de la couverture.

Q3. En tant que directrice générale, vous sentez‑vous tenue de lire les ouvrages qui sortent de vos ateliers ?

Non, et cela me serait impossible puisque nous imprimons plus de 1000 nouveaux ouvrages par an. Mais je lis tous les jours.

Un tableau de J. Drussant, réalisé en 1997, est exposé dans une salle de réunion de Brodard & Taupin.– © Marc Belouis/ Humanvibes (2026)

Q4. Lors de votre arrivée en 1991 chez Brodard et Taupin comme ingénieure de production pour accompagner le lancement de la nouvelle rotative Cameron, quelle impression première a particulièrement retenu votre attention ?

Lorsque j’ai visité pour la première fois Brodard et Taupin à mon arrivée en octobre 1991, j’ai été stupéfaite de découvrir que la Cameron était en pleine impression secrète de l’ouvrage « SCARLETT » pour les éditions Belfond : la suite du best-seller américain « Autant en emporte le vent ». Cette suite était annoncée comme un événement mondial et je découvrais avec ravissement que c’était Brodard et Taupin qui l’imprimait pour la France.

Q5. Si l’on montrait côte à côte une presse de Gutenberg et vos machines actuelles, quel fil invisible relierait les deux images ?

L’encre, le papier et la typographie : ces trois éléments restent encore aujourd’hui fondamentaux pour fabriquer un livre.

Le 18 mars 2016, au 4, rue Saint-Amand à Paris 15e, la famille de Joseph Taupin a inauguré une plaque en son hommage. Associé à Paul-Auguste Brodard en 1923 pour fonder Brodard & Taupin, il reprend seul la direction des deux entreprises à la mort subite de celui-ci, en 1929. Il commande une machine de brochage par collage, à l’origine du livre de poche, qui arrive des États-Unis le jour de sa disparition, le 4 août 1950. © Anne-Marie Leca – Membre de la Société Historique et Archéologique du 15e / Valgirardin.fr

Q6. L’imprimerie ayant longtemps évolué dans un univers masculin, le fait d’être une femme à la tête de l’imprimerie apporte‑t‑il une évolution que les fondateurs Paul-Auguste Brodard et Joseph Taupin n’auraient pas imaginée, mais qu’ils auraient reconnue comme fidèle à leur héritage ?

Je ne sais pas ce qu’en auraient pensé Paul-Augute Brodard et Joseph Taupin, mais l’évolution principale qu’ils constateraient probablement est la façon dont le management s’opère aujourd’hui où diriger des équipes demande beaucoup plus d’écoute et de dialogue qu’une autorité qui allait de soi il y a 60 ou 80 ans. Cette façon de diriger n’est pas propre aux femmes, mais c’est la manière dont j’exerce cette fonction.

Q7. Chez Brodard et Taupin, il sera célébré en 2027 les soixante ans de présence à La Flèche, dans la Sarthe. Que signifient pour vous ces six décennies d’activité fléchoise ?

Depuis 1967, le nom de la ville de La Flèche apparait sur tous les ouvrages qui sortent de l’imprimerie Brodard et Taupin à la page de l’achevé d’imprimé. Ces deux noms sont liés depuis cette date et de nombreux lecteurs non fléchois font cette association lorsque l’on parle de La Flèche ou de Brodard et Taupin. N’est-ce pas une preuve d’intégration parfaite dans le paysage fléchois ?

Propos recueillis le 22/09/2026

Et pour approfondir :

Avec plus de 50 rotatives offset et numériques et 16 imprimeries réparties dans sept pays, le groupe CPI, dont fait partie l’imprimerie Brodard & Taupin de La Flèche, dispose d’une puissance industrielle unique en Europe.

Un retour en 1988 à La Flèche dans lequel Brodard & Taupin fait figure de géant de l’imprimerie.

La Flèche : l’entreprise Brodard et Taupin (1988) – INA Société (2012) – YouTube

Une remarquable enquête qui explore le destin mouvementé de Johannes Gutenberg et qui met en lumière la genèse de l’imprimerie, une invention qui a changé le cours de l’Histoire.

Gutemberg, l’aventure de l’imprimerie – Doculux (2024) – YouTube

Marc / Humanvibes

By Marc BELOUIS

Bienvenue sur le nouveau Humanvibes depuis le 28/09/24 qui est devenu au fil du temps un média. Le premier site a été créé en octobre 2013 grâce à un ami, Johan, qui m'a soumis l'idée de me lancer et qui m'a apporté son aide technique. Je souhaite vous donner des "vibrations" dans les domaines du développement personnel, de la communication et de la culture. J'espère qu'elles vous permettront de vous enrichir, de vous améliorer dans vos habitudes de travail, et plus généralement dans votre vie au quotidien, tout comme moi à travers la réussite de ce site pour lequel je me suis développé personnellement. Sachez que votre bien-être et votre réussite passent par le changement, et n’oubliez pas que VOUS ÊTES VOTRE SEUL(E) ATOUT pour faire bouger les lignes dans un monde de plus en plus déshumanisé. Alors, vibrez, résonnez, partagez, changez ! Bonne lecture ! Marc

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