📷© Marie Chabin.
« L’interview sans détour » sur Humanvibes permet à des personnalités de faire des confidences et de se livrer davantage. Marie Chabin a traduit le roman « Les Fantômes de Shearwater » de l’Australienne Charlotte McConaghy publié aux éditions Actes Sud / Collection Gaïa, en janvier dernier. Cette fiction engagée et poignante face au défi climatique, à mi-chemin entre le thriller et le drame familial fait de secrets enfouis a reçu de nombreuses récompenses en France. Avec sincérité et enthousiasme, Marie Chabin s’est confiée avec plaisir lors de cet exercice d’introspection !
Votre état d’esprit du moment ?
MARIE CHABIN – Énervée.
Le mot ou l‘expression qui vous caractérise ?
Mektoub (vient de l’arabe maktūb, qui signifie « ce qui est écrit » ou « ce qui est prédestiné », NDLR).

Adolescente, quelles étaient vos aspirations professionnelles ?
Interprète de conférence, attachée de presse, relations publiques – des métiers auxquels j’ai renoncé pour cause de timidité maladive… sans regrets !
Votre message pour ceux qui débutent dans la profession ?
Lisez, traduisez pour le plaisir et frappez aux portes.
Vos héroïnes de fiction ?
Fantômette, Antigone, Betty de 37°2 le matin et plus généralement tous les personnages féminins des romans de Philippe Djian, Ramatoulaye d’Une si longue lettre de Mariama Bâ…

Votre dernier geste écolo ?
J’ai sauvé cinq abeilles de la noyade, tombées dans la piscine trois boudins.
Le compliment que vous aimez recevoir ?
« Tu sais écouter. »
Votre talent caché ?
C’est un talent pâtissier : je fais très bien les maamouls aux dattes.
Une mode qui vous agace ?
Télécharger des applis et scanner des QR codes pour tout et n’importe quoi.
Ce que vous fuyez ?
La foule.

La chose à laquelle vous ne dérogerez jamais ?
Danser quelques minutes par jour, le temps d’une chanson.
Le super pouvoir que vous aimeriez avoir ?
Le don d’ubiquité.
Une pyjama party avec qui ?
Mes amies d’enfance.
Le titre d’une chanson qui vous ressemble ?
A night like this de The Cure – mais cela pourrait être aussi Love me or leave me de Nina Simone, This is the house de Depeche Mode, Sun is shining de Bob Marley, Immortels de Bashung, Boomerang de Serge Gainsbourg, The sun and the rain de Madness, Chères petites des Rita Mitsouko… et bien d’autres !
Ce que vous allez faire dans 5 minutes ?
Relire la traduction que je viens de terminer.
Propos receuillis le 24/08/2026
Et pour approfondir :
Le tournage (vu de l’intérieur) du film 37°2 le matin (1986), dans lequel Philippe Djian revient sur l’adaptation cinématographique de son personnage, Betty, joué par Béatrice Dalle.
Recette des maamouls aux dattes, une autre façon – en plus du roman – de marcher sur les pas de Marie Chabin.
Derrière le titre Immortels, chanté par Alain Bashung (1947-2009), se cache une histoire singulière : nous sommes en 2008, le chanteur, qui se savait malade, refuse au dernier moment d’intégrer ce titre, écrit et composé par Dominique A, dans son dernier album, Bleu pétrole. Prémonition ? Il sortira fin 2018 sur un album posthume intitulé En amont, parmi onze titres inédits. Dominique A finira par inclure la chanson, avec une nouvelle orchestration et des paroles parfois un peu différentes, dans son propre album, La Musique, paru en 2009, tout juste un mois après la disparition d’Alain Bashung.
Marc / Humanvibes

