📷© Alexia Vic.
« L’interview sans détour » sur Humanvibes permet à des personnalités de faire des confidences et de se livrer davantage. Nicolas Briançon est le metteur en scène de « Fallait pas les inviter » de Fanny Gurunlian au théâtre Tristan Bernard, à Paris 8e, jusqu’au 14 novembre 2026. Avec François Vincentelli à l’affiche, la pièce nous plonge dans une situation qui pourrait bien vous parler : vous pensez qu’un dîner entre voisins est une excellente idée pour renforcer les liens ? Méfiance, vous pourriez bien regretter votre invitation ! Nicolas Briançon s’est confié avec plaisir et spontanéité lors de cet exercice d’introspection !
Votre état d’esprit du moment ?
NICOLAS BRIANÇON – Je passe d’un tournage en région parisienne pour la série Mater pour Netflix à un projet Disney à Bordeaux, tout en ayant quelques jours de participation à Strasbourg pour le premier téléfilm de Claire Borotra (Le travail, c’est la santé, NDLR), tout en gardant un œil sur le spectacle Fallait pas les inviter au Tristan Bernard, sachant que je vais commencer le tournage d’une série pour Arte à la fin du mois jusqu’en décembre (série intitulée Peau d’vache, NDLR). Donc, je dirais que mon état d’esprit est de vérifier que ma montre soit bien réglée ! [Rires.]
Le mot qui vous caractérise ?
Énergie.

Adolescent, quelles étaient vos aspirations professionnelles ?
Je voulais vivre dans un théâtre et, qu’importe ce que l’on m’aurait donné à faire, j’aurais été heureux. Je l’ai découvert en faisant de la figuration à l’Opéra de Bordeaux à l’âge de 14 ans. Et puis un jour, j’ai fait la connaissance de Gabriel Bacquier (1924-2020), un très grand nom de l’art lyrique, je lui ai posé la question de savoir comment devenir chanteur. Il m’a répondu avec son accent méridional : « Fais pas chanteur, c’est un métier de merde ! Va faire l’acteur, tu as le truc. » J’ai pris des cours de comédie grâce à lui et cela s’est plutôt bien passé, et j’ai fini par intégrer le monde du théâtre !
Ce que vous appréciez chez François Vincentelli, comédien dans la pièce Fallait pas les inviter au théâtre Tristan Bernard, dont vous êtes le metteur en scène, assisté d’Elena Terenteva ?
François, c’est le pote idéal ! C’est un mec toujours de bonne humeur, toujours joyeux, intelligent, il est beau, il est doué, sympa… C’est impossible de ne pas être ami avec lui.
Le coup de main que vous seriez prêt à faire pour les voisins / personnages de la pièce Fallait pas les inviter ?
Il faudrait tout simplement leur dire de rester chez eux et surtout d’éviter de dîner ensemble ! [Rires.]
Votre journée type au travail ?
C’est difficile de répondre à cette question. Nous faisons des métiers où la journée type n’existe pas. Elle est différente si je répète au théâtre ou si je tourne sur un plateau. Si on parle en ce moment, je me lève tôt, on vient me chercher, car c’est la chance que l’on a quand on tourne, pour me déposer aux studios de Bry-sur-Marne pour Mater. Je rejoins ma loge, puis je me prête à l’habillage, maquillage, coiffure (HMC). Puis, je réintègre ma loge, j’attends que l’on vienne me chercher pour mes scènes où il y a de nombreux gestes techniques précis à reproduire du fait que l’on soit dans une série médicale, on tourne et je rentre à 20 heures, et cela recommence le lendemain.
La pièce de théâtre qui a marqué votre vie ?
Il y en a de très nombreuses… Je dirais trois : Joyeuses Pâques avec Jean Poiret que j’ai vu en arrivant à Paris (au début des années 80, NDLR), quasiment la même semaine aux Bouffes du Nord, La Cerisaie de Tchekhov mise en scène par Peter Brook qui reste un moment inoubliable, et toutes les mises en scène de Giorgio Strehler avec la trilogie des pièces de Goldoni, sa Tempête de Shakespeare, également La Cerisaie, lui aussi. Et puis, j’ai eu la chance de fréquenter le théâtre privé où je voyais Claude Brasseur et Claude Rich au Montparnasse, Jean-Pierre Marielle aux Variétés, Jean Poiret au Palais-Royal, Michel Piccoli à l’Athénée, Michel Bouquet à l’Atelier… J’ai une grande nostalgie des grands acteurs que l’on a perdus, sûrement parce que je vieillis, et que j’ai forcément la bêtise de croire que c’était mieux avant.

Le sujet sur lequel vous êtes intarissable ?
L’opéra de Mozart.
Ce qu’il faut faire pour attirer votre attention ?
Me faire rire.
Ce que vous fuyez ?
La connerie, comme disait Kundera. [Rires.]
La corvée qui n’en est pas une ?
Faire le ménage. J’adore ça, cela m’éclaircit l’esprit. Quand j’apprends un texte et que j’ai fait du rangement et le ménage, j’ai l’impression d’avoir mis mon cerveau en ordre.
La chose à laquelle vous ne dérogerez jamais ?
D’être en accord avec moi-même, de ne jamais faire des choses que je n’ai pas envie de faire.
Le titre d’une chanson qui vous ressemble ?
Hier encore, d’Aznavour.
Ce que vous allez faire dans 5 minutes ?
Déjeuner !
Propos recueillis le 09/10/2026
Et pour approfondir :
Mon premier est un prénom masculin. Mon deuxième est un autre prénom masculin. Mon troisième est un dîner entre voisins qui ne se passe pas comme prévu. Mon tout est une comédie où la soirée va virer au cauchemar !
Quand Nicolas Briançon tentait de convaincre les comédiennes de jouer dans Joyeuses Pâques en 2023 au théâtre Marigny, une pièce dans laquelle il comptait jouer, tout en assurant la mise en scène… Un joli clin d’œil comique à Jean Poiret (1926-1992), l’auteur et comédien de cette pièce.
Découvrez le destin exceptionnel de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), génie musical dont la vie aussi brève qu’extraordinaire a marqué l’histoire de la musique.
Hier encore, chanson sortie en 1964, a été écrite et composée par Charles Aznavour (1924-2018), qui évoque avec mélancolie le temps qui passe et les regrets d’une jeunesse perdue. Devenue un classique international, elle a inspiré de nombreuses reprises.
Marc / Humanvibes

