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Interview de Lenaïg Corson: La terre d'ovalie pour terrain de jeu (1/2)

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MB(2017) - Lenaïg Corson -

 

Bonjour Lenaïg, tout d’abord comment prononce-t-on votre prénom ?

Le-na-ïg !

C’est breton ?

Oui tout à  fait, le ïg en breton veut dire petit, et Lena  veut dire Hélène en français donc vous aurez compris que cela veut dire petite Hélène…

Oui, mais vous avez bien grandi depuis !

Mes parents n’ont pas bien choisi mon prénom ! (Rires.) C’est vrai que je suis plutôt grande. Après c’est un prénom que j’affectionne qui me rappelle mes origines celtiques.

Est-ce  parce que vous n’avez pas pu être DJ à Ibiza, que vous vous êtes tournée vers le rugby pour faire du "raffut" non pas sonore, mais en accomplissant ce fameux geste rugbystique ?

(Rires) Le raffut quand on est grand c’est l’arme fatale du rugby ! On allonge le bras pour écarter son adversaire,  ce geste m’est venu assez rapidement pour me protéger et éviter mes adversaires. A force c’est devenu ma marque de fabrique que j'ai essayé d'améliorer parce que, on ne dirait pas comme ça c’est un geste assez technique qui, en fonction de l’angle et la posture que prend l’adversaire venant nous plaquer peut-être différent.   

Vous avez le temps de réfléchir à tout cela avant de faire votre raffut ? 

En rugby à 7, nous sommes semi-professionnelles, ce qui nous laisse du temps pour faire des séances de combat en dojo, et de travailler les raffuts et de "casser" les plaquages. Le rugby à 7 est une discipline qui requiert d’être très réactives.

Mais est-ce que vous pratiquez ce geste dans la vie de tous les jours ? Pour se faire une place dans le métro quand il y a du monde ?

Non ! Mais parfois mes grands bras servent aux clients dans les supermarchés pour attraper les articles qui sont en hauteur ! Je suis souvent sollicitée là-dessus !

Et ce geste là s’appellerait comment dans le langage rugbystique ?

(Rires) Ça correspondrait aux valeurs  d’entraide et de solidarité que l’on retrouve dans une équipe de rugby. Je me sers de mes longs bras autant dans le rugby que dans la vie. Et être grande cela a des inconvénients, mais beaucoup d’avantages…

 

MB(2017) - Lenaïg Corson -

 

Quittons les grandes surfaces si vous le voulez bien, pour celles plus vertes du rugby. Avez-vous une idée révolutionnaire pour aider le XV de France masculin à sortir de ses difficultés ?

C’est vrai que ce n’est pas une période facile en ce moment pour eux, on ne vit pas avec l’équipe donc on ne connaît pas trop les difficultés qu’ils peuvent avoir en interne (interview réalisée avant la nomination de Jacques Brunel comme séléctionneur du XV de France masculin en remplacement de Guy Novès le 27/12/17,NDLR). On voit les différences avec les autres nations que la France a rencontrées pendant la tournée d’automne. On a pu remarquer que l’Afrique du Sud est une nation hyper dominante physiquement, très agressive dans des zones de contacts. La Nouvelle-Zélande et le Japon, ont un jeu où le ballon est en permanence en mouvement, le ballon vit de main en main rapidement alors qu’on ne voit plus cela du coté des Français ce qui est dommage. Résultat ils jouent souvent arrêtés avec une accumulation de zones de rucks. Je leur souhaite de retrouver leurs couleurs lors du tournoi des 6 nations.

En ce qui concerne les filles pendant la Coupe du monde cet été (la huitième édition de la Coupe du monde de rugby à XV féminin a eu lieu du 9 au 26 août 2017 en Irlande, avec une victoire de la Nouvelle-Zélande sur l’Angleterre 41-32, la France finissant troisième en battant les États-Unis 31-23, NDLR), nous avons eu beaucoup de retours très positifs. Les amateurs comme connaisseurs ont apprécié de nous voir jouer avec une volonté permanente de faire circuler le ballon, de voir de grandes envolées avec des tentatives de offload (la passe après contact, NDLR), de pratiquer du jeu au large. Les supporters aiment aussi beaucoup notre joie de vivre et notre côté "hargneuse" qui ne lâche jamais rien sur un terrain.

Vous verriez vous sélectionneuse ou manageuse de l’équipe de France masculine ?

Non ! Je ne suis pas faite pour ça, après je pense pouvoir apporter quelque chose de différent à une équipe. Aujourd’hui je travaille en tant que chargée de projets marketing et communication chez GMF, et le rugby féminin manque cruellement de communication. Je me verrais bien dans un rôle de communicante pour une équipe…

L’appel est lancé !

(Rires) Oui, c’est à l’image du rugby à 7 il faut passer par les réseaux sociaux pour obtenir des informations, des résultats, des images. Nous sommes autant méritantes que les garçons d’être médiatisé. Pourquoi ne verrait-on pas sur Canal + ou sur d’autres chaines les tournois féminins du circuit mondial ?

Au sein de GMF, est-ce que vous occupez si l’on peut dire "le même poste" qu’en équipe de France ?

Le même poste ?  Pas du tout ! Sur le terrain on me demande bien sûr de faire marcher ma tête, mais surtout mes jambes avant tout, alors qu’au bureau j’occupe beaucoup moins les jambes (rires) mais on travaille très souvent en équipe en ayant la chance de m’occuper des partenariats dans le rugby et faire des relations publiques, ce qui fait que je me sens vraiment à ma place car j’ai des choses à partager avec les personnes que je rencontre.

Et quelles sont les qualités que l’on retrouve chez vous dans votre activité qui viennent de celles que vous avez dans le rugby ?  

Mes collègues me disent souvent que lorsque j’arrive au bureau le matin, j’apporte de l’énergie…Alors oui, je suis dynamique et j’ai le sourire, et ces qualités je les partage aussi dans le rugby. Je suis toujours motivée parce que je fais, être un moteur dans une équipe et savoir communiquer avec ses collègues et ses partenaires sur le terrain. Il faut savoir se dire les choses que cela aille bien ou mal, savoir s’encourager également, se booster  pour avancer dans des projets.

 

Lenaïg Corson(2017)

 

Est-ce que l’on vous sollicite spécialement pour profiter de votre expérience managériale dans le rugby ?

Oui, on me pose souvent des questions sur le management et le coaching d’un groupe pendant les compétitions. En équipe de France nous échangeons beaucoup pour s’améliorer, se remettre en question et chercher la performance, c’est la même chose en entreprise. Dernièrement, on m’a demandé d’intervenir pour "Cov&elles" qui est un réseau de femmes lié à Covéa dont fait partie la GMF, MMA et la MAAF. Ce vendredi j’ai rendez-vous au Mans pour rencontrer toutes les femmes dirigeantes et manageuses de ces groupes. Il s’agit de faire partager mon expérience de rugbywoman à priori, mais surtout celle de femme dans un milieu d’hommes, et comment je le vis. Ces femmes dirigeantes ont envie d’avoir une vision sur la femme sportive de haut niveau de nos jours.  Cette vision a-t-elle évoluée ? Avons-nous en France des modèles au féminin ? Au sujet de l’égalité hommes-femmes, y a t-il des avancées significatives dans mon sport ? Je vais tenter, en me servant de mon expérience sportive, de répondre aux questions qu’elles pourraient se poser pour apporter quelque chose de différent dans l’entreprise.

Puisque vous évoquez l’égalité hommes-femmes, comment gérez vous les blessures, et plus précisément celles sur le visage ? Plus précisément, avoir des balafres pour un homme, on imagine à tort ou à raison que cela pourrait être séduisant comme Robert Hossein dans la série des "Angélique marquise des anges", mais pour les femmes ? Pensez-vous à cela avant de percuter un adversaire ?

Non. On n’y pense pas du tout, en tous cas en ce qui me concerne quand je joue. Malheureusement quand cela arrive…(sourires.) Pendant la coupe du Monde, je me suis ouverte l’arcade, et j’espérais que cela ne se verrait pas trop !

Non, je vous rassure !

Heureusement parce que c’est vrai que l’on a envie de rester féminine et que l’on évite d’être marquée par notre sport. Mais cela arrive forcément qu’il y ait des dents ou des nez cassés, on le regrette un peu…ou des choux sur les oreilles, c’est ce que l’on supporte le moins ! (Rires)

Des choux ? Expliquez-moi ?

Cela arrive quand on prend un coup assez sévère dans l’oreille et qu’elle a tendance à bien gonfler et cela dure un certain temps. On peut voir les piliers, des 2èmes lignes avoir les oreilles en "choux fleur" et même si ça nous agace après coup, c’est le rugby qui veut ça, on est là pour jouer et donner un maximum pour notre équipe à 200%.

Avant d’entrer sur le terrain, ou pendant un match suivant les évènements vous est-il arrivé de repérer une adversaire à qui vous feriez subir, si l’occasion se présentait, un "traitement spécial" dans la limite de ce qui est autorisé ?

Non vraiment pas, parce que  toutes mes adversaires sont des cibles dans ma zone de plaquage. En équipe de France, nous avons l’habitude de faire de la vidéo afin d’analyser l’équipe adverse, savoir les jouer c’est la meilleure façon pour les faire déjouer. On repère les joueuses qui peuvent être des armes fatales dans leur équipe, on sait donc comment s’y prendre en défense collectivement. Par exemple une joueuse américaine que l’on sait véloce, qui court très vite, on évitera surtout de lui laisser les extérieurs et de la laisser gambader. On va défendre à 2 sur elle, une en haut, une en bas pour l’empêcher de faire la passe et essayer de la stopper net dans sa course.     

Est-ce que vous arrivez toujours  à appliquer  les consignes données avant le match ?  Parfois dans le feu de l’action on a tendance à ne pas les respecter tout à fait, je pense par exemple aux conditions météorologiques…

Alors je vous vois venir un peu ! (Rires)

Non, je ne sais pas !

Il y a cet exemple très concret dont on peut parler pour répondre à votre question ; la ½ finale contre l’Angleterre en coupe du Monde… Pendant les matchs de poule on joue un jeu très engagé, on arrive à bien faire circuler le ballon. Contre les Anglaises  à l’entrainement on s’échauffe par temps sec, et pendant le match on se retrouve avec un temps Irlandais très pluvieux, on n’arrive pas à s’adapter aux conditions climatiques et c’est ce qui nous mène à la défaite!  Le ballon glisse, on perd 6 ballons sur nos lancers en touche ce qui est énorme, on s’obstine à faire de longues passes sans qu’elles arrivent au bout, on n’utilise pas assez le jeu au pied pour sortir de notre camp alors que les Anglaises le font très bien avec des joueuses d’expérience qui ont plus l’habitude que nous de jouer sous la pluie. Mais on ne refera jamais le match, avec des si…(Les Anglaises l'on emportées 20 à 3, NDLR)

Excusez-moi, mais il n’y avait pas de plan B ? Si j’étais sélectionneur, je m’attacherais les services d’un expert en météo !  Et je ferais en sorte de m’entrainer sous la pluie !

Effectivement, c’est ce qu’il était prévu de faire. Certains stages de préparation  se sont déroulés dans des régions où les conditions pourraient ressembler à celle de l’Irlande. Donc nous sommes partis en Bretagne…Malheureusement il a fait un temps radieux ! En Auvergne la météo était moins clémente, mais on a mal géré cet aspect là sur cette ½ finale.

Donc il vous manque un spécialiste météo en équipe de France !

Non, mais on a loupé le coche en ne sachant pas modifier notre plan de jeu...

 

A suivre...

 

Propos recueillis le 14/12/17

 

Dédicace de LenaÏg Corson dans la bande-dessinée TOP 15 de Gürsel chez Joker Editions

     

 

Et pour aller plus loin :

 Site officiel de France 7 féminines

https://www.ffr.fr/Equipes-de-France/Rugby-a-7/France-7-feminines

Lenaïg Corson a choisi des photos pour illustrer son interview.

Le travail effectué par les avants est primordial, Lenaïg Corson a tenu à les citer : " Une photo d’équipe que j’aime beaucoup car on y voit les avants, nous sommes toutes fières et déterminées. Fières de représenter la france et déterminer à en découdre contre les Australiennes".(Le 13/08/17 la France l'a emporté 48-0, NDLR,)

Lise Arricastre, Caroline Thomas, Julie Duval, Lenaïg Corson, Audrey Forlani, Marjorie Mayans, Romane Menager, Safi n’Diaye.

Les bleues contre l'Australie le 13/08/17 - Dublin -

 

Lenaïg Corson entourée de gauche à droite de Kevin Gourdon, Camille Lopez et Guilhem Guirado  aux Oscars du Rugby Midi Olympique 2017.

  Lenaïg Corson - Midi Olympique(2017) -

 

 Lenaïg Corson - Midi Olympique(2017) -

 

Au coeur des bleues, résumé de la coupe du Monde féminine à XV 2017 à Dublin.

Rencontres à XV(2017)  - France 2 - Albin Lilas - Youtube -

 

Marc / Humanvibes

 

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